Les autres jours, on jouera en français, sauf les dimanches, réservés aux Italiens, aux Espagnols et aux Russes, à tour de rôle.

Cet anglais, qui s'appelle M. Sikes, est doué d'une conviction robuste; il croit en lui et a réponse à tout.

—Que jouerez-vous? lui demandait-on.

—Tout, répondit-il, tout, excepté les immortels chefs-d'œuvre de Shakspeare.

—Il vous sera facile d'avoir une troupe anglaise, une troupe française, mais les autres?

—On paye les Italiens en papier, qui perd dix-huit pour cent; en leur donnant de l'or ils viendront; les Espagnols, je n'aurai qu'à choisir; l'art ne vit pas de coups de fusil.

—Bien; mais les Russes?

—Je gratterai les Polonais.

—Pourquoi n'allez-vous pas exploiter votre idée à Londres.

—Ah! voilà, fit-il; c'est bien simple: en Angleterre, on n'aime et on ne protège que ce qui est anglais; en France, on aime tout le monde, mais on ne protège que ce qui n'est pas français.