Monsieur Sikes, vous avez raison.
LES FAUX PAUVRES
Le prince de Galles est arrivé encore une fois à Paris—pour s'y amuser.
Le peuple parisien a beau faire, un prince pique toujours sa curiosité et flatte son amour-propre; il le regarde avec respect, l'examine avec soin, et, toujours satisfait de son examen, il s'écrie:
—Il est très bien, pas poseur du tout, et si l'on ne savait pas que c'est un prince, on le prendrait pour un homme comme les autres.
Heureusement on est prévenu.
Aussitôt qu'un prince arrive à Paris,—il est probable que, dans les autres pays, on n'agit pas différemment,—il est assailli par une foule de mendiants éhontés.
Ce sont d'anciens commerçants dans le malheur, des femmes de noble extraction frappées par l'adversité, de pauvres artistes, des poètes, de braves ouvriers infirmes, des banquiers ruinés, enfin toute la séquelle des demandeurs.