Ils se rendirent ensemble à la pièce où le comité devait se réunir. Elle était déjà remplie d'une foule de curieux. À huit heures précises, le président ouvrit la séance par la formule ordinaire “À l'ordre, messieurs”.
—Monsieur Lamirande, fit le président, êtes-vous maintenant en état de produire des documents ou de faire entendre des témoins à l'appui de l'accusation que vous avez portée contre l'honorable secrétaire d'État?
—Je regrette d'être forcé de dire, monsieur le président, que je ne le suis pas, répondit Lamirande.
—Alors, sans aucun doute, vous allez retirer l'accusation?
—Je ne puis la retirer, car je sais qu'elle est fondée.
—Vous la savez fondée, mais vous n'avez aucune preuve à produire!
—C'est exactement la position dans laquelle je me trouve.
—Je n'ai pas besoin de vous dire, monsieur Lamirande, qu'une telle position n'est pas tenable; vous devez le comprendre vous-même.
—Je le comprends parfaitement, monsieur le président.
—Et vous persistez dans votre refus de retirer votre accusation?