—Oui, parce que, malgré son origine exécrable, pour moi, cette constitution est bonne.

—Alors, cher ami, c'est à mon tour de dire: je ne te comprends pas! J'ajoute que tu m'aurais causé infiniment moins de peine en votant mon expulsion de la Chambre, qu'en donnant ton appui à cette œuvre d'iniquité.

Vaughan fut visiblement ému et embarrassé.

—C'est toujours la même réponse, dit-il. Tu as la foi, je ne l'ai pas. Tu crois que la religion est le bien suprême de l'homme, et moi je me demande toujours si la vie humaine, comme la vie animale, ne finit pas à la mort. Pour toi, l'au-delà est une certitude, pour moi, c'est un problème que je ne puis résoudre.

Et le jeune Anglais s'en alla pensif et triste.

Les députés français et catholiques, ainsi que Houghton et ses partisans, se réunirent dans le bureau de l'opposition pour examiner les documents que Lamirande avait en sa possession et pour discuter la situation. Aucun d'eux ne songeait à aller dîner.

—Personne ne manque à l'appel, dit l'un des ministres, ou plutôt ex-ministres, car les collègues catholiques de sir Henry avaient démissionné séance tenante.

On fit l'appel nominal d'après une liste des députés qu'on s'était procurée. Pas un député de l'opposition, pas un député catholique ne manquait... excepté Saint-Simon.

—Je suis prêt à mettre ma main dans le feu si ce misérable n'est pas en ce moment avec Montarval, s'écria Leverdier.

Chapitre XXVIII