Madame.—Es-tu sûr qu'il n'en reste plus?

Monsieur.—Le dernier traverse la rue, tourne au croisement. Il disparaît.

Madame.—Laisse la fenêtre ouverte. Que l'air assainisse, purifie. Regarde: les murs suent.

Monsieur.—Il pleut à verse et vente à tout renverser. Les becs de gaz sont affolés. C'est un bon temps pour ceux de nos invités qui n'ont pas trouvé de fiacre.

Madame.—Oui, c'est un vrai temps d'invités. Il me réjouit. Je regrette seulement de ne l'avoir pas commandé moi-même. Ouvre donc la fenêtre toute grande.

Monsieur.—Jamais nous n'avons eu un mardi comme celui-ci. Ah! tu choisis ton monde!

Madame.—Bon! nous allons nous jeter à la tête les gens qui viennent chez nous. Je suis prête. D'abord, où as-tu pris ton Turc?

Monsieur.—Dans la rue. C'était le plus drôle: il ornait notre salon. Avons-nous ri, quand, au thé, il a déroulé son turban et qu'il s'en est servi comme d'une serviette. Peut-être aussi qu'il couche dedans.

Madame.—J'ai tremblé de le voir se mettre à vendre des pastilles.

Monsieur.—Je t'assure qu'il est attaché à une ambassade, solidement. Continuons: n'est-ce pas à toi qu'appartient ce monsieur qui sentait le cigare éventré?