—«Oui, c'est fini.»
—«Ah! très bien, très bien.»
Monsieur Vernet fait vigoureusement vibrer son couteau, et applaudit, trois doigts de sa main droite claquant sur le dos de sa main gauche.
—«Savez-vous que vous êtes un vrai poète?» me dit Madame Vernet en hochant la tête.
—«Puisque celle-là est finie, à une autre,» dit Monsieur Vernet.
—«Oh! je veux bien, moi.»
Et, de nouveau, je vais me remettre à ronronner, la jambe droite en avant, le regard perdu. Déjà je me balance.
—«Une goutte de brandy! m'offre Monsieur Vernet: ça fait du bien quand on parle longtemps.»
Mais pourquoi m'efforcer de faire de cette scène une évocation risible? J'étais sincère. Je le suis toujours quand je dis des vers. Monsieur et Madame Vernet ne se moquaient pas. Les sons musicaux planaient autour de nous. Nous trouvions mélancolique le grincement d'une persienne, et nous écoutions le sifflement d'un bec de gaz comme le soupir d'un être cher. Monsieur Vernet se sentait tout chose. Madame Vernet ne savait pas ce qu'elle avait. Je comptais au plafond des crottes de mouches, mondes stellaires. Le vacillement du fumivore, c'était l'ébranlement d'une voûte céleste. Nos âmes libres, désemprisonnées, se hissaient au dehors et frissonnaient doucement.