[XXVII]
JE RENDS DES SERVICES
Nous attendons à la gare Monsieur Vernet et la nièce. Le petit train, pareil à ceux qui tournent aux fêtes des banlieues, siffle de joie, fier d'effaroucher des poulains qu'il couperait comme vent. Des têtes se montrent; un mouchoir s'agite.
madame vernet
Regardez sa bonne figure.
J'aperçois la bonne figure. Un bœuf est monté en seconde. Le petit train s'avance avec des précautions, des temps; mais on ne le prend pas au sérieux, et les quatre ou cinq voyageurs sont descendus, tirant leurs paquets, qu'il remue encore. Il pousse des cris aigus comme un maître d'école qui ne parvient pas à dominer sa classe.
Pendant que la famille s'embrasse, je me tiens à l'écart, et je demanderais à Monsieur Vernet sa couverture de voyage, pour me donner l'air d'en être aussi, moi, de la famille. Je trouve les effusions de mauvais goût, et je crierais:
—«Je suis là; il y a quelqu'un qui vous regarde: contenez-vous.»
Madame Vernet a une crise quand elle embrasse Mademoiselle Marguerite. Elle dit:
—«Oh! ma grande fille!»