— Ragotte restera près de vous.
— Oh ! madame ! oh ! madame ! dit tout bas Ragotte, les mains jointes, que vous me rendez donc service ! Il y a un mois que je ne dormais plus !
Elle s’installe chez le Paul. Il ne dit rien, et elle parle trop.
— Oh ! que ça doit cuire, un vésicatoire ! Tu en as, du courage ! Moi, je ne pourrais pas le supporter, je crierais.
Paul va perdre patience, lui dire de se taire, ou sauter à bas du lit et la mettre à la porte. Mais il n’a plus d’humeur.
— Il se rend, dit Ragotte, je savais bien qu’il se rendrait à vous, madame Gloriette. Il s’est rendu. Il cause, il a causé ce matin.
— Qu’est-ce qu’il vous disait ?
— Il m’a demandé si le lait qui était sur le feu ne tournerait pas. Oh ! c’est un bon cœur, mais une vilaine femme le perd.
— Quelle femme ?
— Je ne veux pas vous parler de cette femme ! je vous manquerais de respect ! Enfin, il cause ! Je ne tiens plus à ce qu’il prenne ses repas chez moi. Au contraire, je suis débarrassée. Qu’il mange où ça lui plaît, pourvu qu’il cause. Je tiendrai sa maison propre s’il cause, et je laverai son linge, mais qu’il cause !