C’est la fin et tous y trouvent leur compte. Ragotte danserait ; Gloriette se félicite d’ôter un vésicatoire sans blêmir.
Philippe seul resterait longtemps à l’écart, si Ragotte n’avait tout à coup une bonne idée.
Elle porte ce matin la soupe au Paul et lui demande de ses nouvelles.
— Ça va bien, dit Paul ; me prêterais-tu vingt sous ?
— Oh ! oui, mon garçon ; pour quoi faire ?
— Pour aller à la ville par le train. J’ai de l’argent chez le patron, près de cent francs, mais j’aime mieux ne pas les réclamer avant la fin du mois.
— Je n’ai pas, dit Ragotte, les vingt sous dans ma poche, je cours les chercher.
Elle les avait sur elle, mais c’est à ce moment que lui vint son idée.
Elle trouve Philippe au jardin. Il a bon cœur, lui aussi, comme le Paul, et il est encore plus têtu ; et il ne le reverrait pas sans un prétexte.
— Le Paul a besoin de vingt sous, dit Ragotte ; ça ne se refuse pas, porte-les-lui donc.