— Tu ne peux pas les porter toi-même ?

— Est-ce que j’ai le temps ?

— Prends-le.

— Non. La dame m’appelle, il faut que je monte tout de suite. Porte les vingt sous au garçon. Le train passe à neuf heures et demie ; ça presse, va vite !

Philippe, mal gracieux et ému, se dépêche d’y aller.

— Je mentais, dit Ragotte à Gloriette, vous ne m’appeliez pas. Ce sera pour une autre fois. N’ayez jamais peur de me déranger. Ça me fait tant plaisir de vous être utile à quelque chose.

Le Paul reviendra-t-il prendre ses repas chez Ragotte ? Personne n’y compte plus.

Il revient tout seul, un jour que sa chemise est mouillée et que son feu ne marche pas. Il entre chez son père et sa mère, qui ne disent rien, de peur de le faire sauver, et il s’assied en bougonnant, le dos à la cheminée où pétille un fagot.

Comme c’est l’heure de manger, Ragotte pousse devant lui, sur la petite table, une assiette, un verre, le pain et le plat qui fume.

Le Paul se sert, d’abord de loin, puis il s’approche un peu.