— Est-ce que je sais, moi ?

Habile à avaler sa soupe proprement et nettement, elle n’aime pas les tables mal torchées.

— Vous avez déjà fini votre soupe, Ragotte ?

— Oh ! madame, quand on l’attaque à pleine cuiller, ça va vite.

— C’est bien propre, Philippe, une toile cirée comme celle de madame. Il n’en faudrait pas grand sur notre petite table ! si un jour, à la ville, tu en voyais un morceau ?…

— Mange donc ! lui dit Philippe.

Elle se chauffe mal, si elle ne voit pas le feu ; elle aime les beaux feux de bois dont la braise ardente fait pleurer des larmes cuites ; mais elle trouve que rien ne vaut le gentil feu d’une paire de sabots qu’elle a portés, qu’elle brûle quand ils ne sont plus mettables, et qu’elle regarde flamber, toute songeuse.

Le son du cor de chasse l’émeut au point qu’elle ose dire à Philippe :

— Pourquoi n’as-tu jamais appris à flûter comme ça ?

Il y avait à la cuisine un reste de gâteau.