— Ça dépend de la saison.

— L’été ?

— L’été, ce n’est pas l’heure qui me règle, c’est le soleil.

— Malgré les volets ?

— Jamais je ne les ferme, dit-elle, j’aurais peur du tout noir, et j’aime être réveillée par le soleil. Il habite là-bas juste en face de la fenêtre, et aussitôt qu’il sort de sa boîte, il vient jouer sur mon nez.

Philippe a fait bâtir une grange près de la maison et la grange neuve est bien mieux que la vieille maison qui menace ruine. D’abord on ne voit pas clair à l’intérieur de cette maison. Il faudrait remplacer la porte pleine par une porte fenêtre ; mais on en parlera une autre fois. Ce qui presse, c’est le toit de chaume : il s’affaisse et s’éboulera si on ne change la grosse poutre du milieu.

— Il n’y a plus à reculer, se dit Philippe.

Il achète une poutre et la charroie devant la porte de sa maison, et c’est tout ce qu’il peut faire pour le moment. Il la mettra sur le toit, plus tard, quand il aura de quoi payer une couverture de paille. La poutre reste par terre, à la pluie, au soleil, dans l’herbe, et les gamins s’amusent à courir dessus, quand ils sortent de classe.

Philippe n’a pas de métier spécial ; il sait seulement tout faire. Il sait conduire un cheval, panser le bétail, tuer un cochon, faucher, moissonner, fagoter et mesurer et empiler du bois sur le petit port du canal, jeter l’épervier, cultiver un jardin. Il sait faire le serrurier, le couvreur et le maçon. Mais, quelque travail qu’on lui commande, il ne l’accepte qu’après avoir réfléchi. Je crains toujours un refus.

— Philippe, pourriez-vous réparer cette cheminée qui finira par tomber sur la tête de quelqu’un ?