— Et après, dis-je à Philippe qui hésitait, finissez. Pourquoi, en buvant, faisiez-vous la moue ?
— Parce que, dit Philippe, la maîtresse m’avait versé, au lieu du vin, du vinaigre.
— Du vinaigre ! Ah ! ah ! mon pauvre vieux Philippe !
— Oui, de ce vinaigre rouge qu’elle fabriquait et qui emportait la mâchoire.
— Et vous ne disiez rien !
— Je n’osais pas.
— Ce n’était qu’une erreur de Mme Corneille.
— Je ne savais pas.
— Comment ? Supposiez-vous qu’elle vous attrapait ?
— Qu’est-ce que je devais croire ? Aujourd’hui même je me le demande. J’étais fort embarrassé. Je me disais : « Si la maîtresse ne le fait pas exprès, faut-il la mortifier, pour une fois qu’elle est gracieuse avec un domestique ? et si elle le fait exprès, si elle s’amuse, faut-il l’empêcher de rire ? » Et, dans le doute, je me taisais.