— Si tu ne te tais pas, dit-il, je vas te flanquer une paire de calottes. Au moins tu sauras pourquoi tu pleures. Et si tu veux rester, reste, moi je rentre.
Et il fait semblant de le laisser là. Mais à peine a-t-il le dos tourné qu’Émile le rattrape et se cache dans sa blouse.
Comme j’ai recommandé à Philippe de me prévenir, il me télégraphie : Tuerai cochon samedi. Le temps de passer douze heures en chemin de fer, et me voilà chez les Philippe.
— Il va bien ? dis-je.
— Oui, répond Philippe.
— Où est-il ?
— Dans l’écurie, en liberté.
— Calme ?
— Il se repose depuis deux jours ; je ne lui donne pas à manger, il vaut mieux le tuer à jeun.
— Il est très doux, dit Mme Philippe, je l’ai promené hier dans la cour. Je n’espérais pas le rentrer toute seule. J’en suis venue à bout comme d’un mouton.