Gloriette lui passe un vieux plateau de bois où c’est l’habitude de mincer le lard et de hacher le persil.

— Prenez-le, Ragotte, il ne me sert plus, et si vous n’aviez pas été là, je le jetais au feu.

— Ne faites jamais ça, madame, je le jetterai bien moi-même.

— On souffre, madame, quand on voit les riches jeter quelque chose.

— Oh ! madame, vous pensez donc toujours à moi ?

Elle dit à Gloriette qui compte sa monnaie :

— Vous en avez des jolis sous ! Il n’y a que ça qui débêtit le monde !

Elle croit que nous sommes très riches, et si quelqu’un lui disait que nous avons au moins mille francs, ça ne l’étonnerait pas.

Gloriette lui donne tant d’affaires que Ragotte finit par dire :

— Vous m’affriandez, madame, et vous m’avez rendue difficile : je ne pourrais plus maintenant redevenir malheureuse.