Elle regarde si ses hommes, Philippe et le Paul, viennent sur la route.

Son profil semble dessiné par un petit gars de l’école primaire. Le cordon du tablier la divise en deux boules d’égale grosseur.

Lasse d’attendre, elle fait, tout haut, cette réflexion :

— Le goûter est prêt, les goûteux ne viennent pas. Si le goûter n’était pas prêt, les goûteux seraient déjà là.

Elle revient de chercher à la ferme un double de noix qu’elle apporte dans un sac et le sac est plein de bruit.

— Oui, dit Ragotte, les noix causent dans le sac et ça distrait le mendiant.

Elle dit de sa sœur qui est avare :

— Elle ne donnerait pas l’eau où a cuit l’œuf !

Elle dit d’un riche orgueilleux, qui vient de se ruiner :

— Il était si fier qu’il ne pouvait pas marcher ! Aujourd’hui, il marche sur ses plumeaux.