— Vous êtes vraiment têtu aujourd’hui. Tout à l’heure, vous aviez l’air de me comprendre. Vous ne me comprenez donc plus ?
— Si, si, Monsieur, dit Philippe. Mais, c’est égal, je changerais bien.
Philippe n’est pas fier et il use tout ce qu’on lui donne. On vient de lui offrir un chapeau de paille d’enfant orné d’un ruban violet sur lequel le mot Neptune est écrit en lettres d’or.
Philippe n’a pas une grosse tête et le chapeau l’abrite bien.
— Il fera mon été, dit-il.
— Vous n’avez qu’à ôter le ruban.
— Il ne me gêne pas.
On peut voir Philippe, qui n’est plus jeune, travailler au jardin sous son chapeau puéril. Le violet du ruban s’éteint peu à peu, mais le nom doré de Neptune persiste au soleil.
En chasse, il me surveille, et chaque fois que je passe une clôture, il accourt et écarte les épines ou les fils de fer armés de pointes.
— Ne vous donnez pas cette peine, lui dis-je. Vous attraperez un chaud et froid, je passerai bien seul.