— Oh ! ce n’est pas de vous que je n’inquiète, dit Philippe, c’est de votre paletot, vous ne prenez aucune précaution. Vous le déchirez à tous les piquants, et comme il doit me revenir un jour, je tâche d’en sauver le plus que je peux.

Le soleil d’août a brûlé l’herbe. On ne peut pas donner aux bêtes le foin de la récolte engrangée. Que leur resterait-il pour l’hiver ?

Et on les laisse au pré.

— Mais elles y jeûnent, Philippe, elles y souffrent.

— On les voit maigrir, dit-il.

— Il n’y a plus un brin d’herbe ; qu’est-ce qu’elles peuvent bien manger ?

— Elles ne mangent pas, répond Philippe, elles embrassent la terre.

Il ne se réjouit jamais d’avance.

— Ça pousse, lui dis-je, voilà les arbres en fleurs.

— Oui, dit Philippe, il y a bien du mal à faire pour la gelée.