Comme il travaille et sue au soleil, dans le jardin, on lui porte un verre de vin. Il l’accepte, mais il demande d’abord un verre d’eau. Il avale le verre d’eau pour la soif, puis le verre de vin pour le plaisir.

Son fils, soldat, n’a pas écrit depuis longtemps. Philippe ne veut pas avoir l’air inquiet. Il cite son propre père qui a été sept années soldat et qui est resté sept années sans écrire. On ne savait plus où il était.

— Il est tout de même revenu, dit Philippe, et quand il est revenu, on l’a repris.

Il se reconnaît malade quand il n’a plus envie de manger que de l’échalote. Dès que sa tête brûle, il dit : « J’ai la fièvre. » Il n’est pas long à guérir parce qu’il n’avait qu’un mal de tête, mais il se croit guéri d’une fièvre.

Il tâte une chemise de soie qui sèche au soleil.

— J’aimerais ça, dit-il.

— Tu oserais en porter ? dit Mme Philippe.

— Oui.

— Tu mettrais une chemise de soie dans ta culotte de paysan ?

— Pourquoi pas ?