Gloriette lui dit :
— Vous avez beau être petite, cette glace est encore trop petite.
— Oh ! madame, dit Ragotte, elle me suffit. Je l’ai depuis notre mariage. Pourvu que je voie que mon bonnet n’est pas de travers, je me passe de mirer le reste. Je ne suis pas si belle !
— Il faudra tout de même que je vous en paie une neuve, dit Gloriette.
Or, ce soir, comme Ragotte vient de laver, elle trouve à la place de l’autre une grande glace carrée, à bords vernis comme ceux d’un tableau, où elle peut se voir presque tout entière.
Elle se rappelle aussitôt la promesse de Gloriette, mais, par timidité et respect, elle fait l’étonnée.
— Je me demande, dit-elle, qui diable a mis cette glace à cet endroit-là ? Est-ce que, par hasard, ce serait toi, Philippe ?
— Oh ! non, dit Philippe qui ne sait rien et qui ne se dérange pas de son travail pour une glace.
— Je savais bien, dit Ragotte, que c’était encore la dame !
— Non, ce n’est pas la dame, dit Lucienne avec brusquerie ; c’est moi !