— J’ai soixante ans, madame, dit-elle à Gloriette, c’est trop tard ; si j’en avais vingt de moins, je vous ferais une prière, je vous prierais de m’apprendre à lire !
Elle observe Mademoiselle penchée sur sa table de travail.
— Je viens voir, dit-elle, si vous ne vous trompez pas dans vos écritures !
Et elle ajoute, fine, haussant les épaules pour se moquer d’elle-même :
— C’est bien à moi !…
Quand son homme, Philippe, est absorbé par la lecture du Petit Parisien, elle a envie de lui arracher le journal et de le jeter au feu.
— Qu’est-ce qu’il trouve donc de si curieux là-dessus ?
Si elle reçoit une lettre à son nom, ce qui ne lui arrive presque jamais, elle l’apporte à Philippe.
— Ah ! mon Dieu ! fait-elle, troublée, dépêche-toi !
— Tu as le temps, peut-être ! répond Philippe.