— J’admire les grands médecins, dit Gloriette émue.

La barbe de Philippe et ses rides se brouillent et sa figure a bientôt l’air d’une souche trempée.

— Vous avez pu, Philippe, vous assurer par vous-même que Joseph est bien soigné à cet hôpital ?

— Oui, mais il y a de l’eau qui lui coule du front et le mouille jusqu’à l’estomac.

— C’est l’eau de la glace qu’on lui met sur la tête pour endormir le mal. Vous ne trouveriez pas de glace à la campagne.

— Non ; il serait mieux tout de même si quelqu’un restait près de lui.

— L’infirmière ne bouge pas, Philippe ! Elle va d’un malade à l’autre. Elle ne quitte la salle que pour déjeuner, et elle n’a que ce moment de repos. C’est dur, le métier des infirmières ; elles travaillent de sept heures du matin à sept heures du soir.

— Joseph n’aurait pas d’infirmière chez nous, répond Philippe, mais moi, la Ragotte ou le Paul, on ne le laisserait pas seul, on serait toujours là pour le recouvrir s’il se découvrait et pour lui donner quelque chose, quand il demanderait à boire, ou n’importe.

— Ce n’est pas de soif que Joseph mourra, Philippe. Que dites-vous de l’hôpital ? Vous n’en aviez pas encore vu ?

— Non.