Et Lucienne dit :
— Inutile de faire tant de frais ! C’est déjà gentil de l’emmener. Et tu sais qu’on ne les habille pas, ici ; tâche de garder ça pour toi et de ne pas raconter chez nous qu’on l’a mis dans le cercueil sans l’habiller.
— Je ne suis pas si bête que tu crois, répond le Paul.
— Non, dit Lucienne, mais tu n’as guère souvent la main à la poche, quand il s’agit de payer ! Si tu me remboursais ! tu t’imagines que ça ne coûte rien, le Métro ?
Ils disent : « Je l’ai vu ; il est tel qu’hier ; la mort ne l’a pas changé ! »
C’était bien la peine !
— Pour l’emmener, disent-ils, on paiera avec ses économies. C’est son argent. Il faut que l’argent qu’il a gagné lui profite.
— Cet argent, dis-je, profitera surtout au patron de ce monsieur noir qui vient de nous faire ses offres.
— Vous avez raison, mais si Joseph pouvait parler, il dirait comme nous.
C’est Philippe qui reçoit la dépêche au village. Il la lit et pleure d’abord, seul, tout son saoul. Il garde la dépêche dans sa poche plus d’une heure.