Quand le petit Joseph venait la voir, il était câlin avec elle. Il ne lui flanquait jamais rien dans les jambes. Il ne partait pas sans lui glisser, au moment de l’adieu, sur ses gages à lui, une pièce d’argent pour sa cachette, et comme Ragotte voulait la rendre, il lui tenait la main fermée jusqu’à l’arrivée du train.
Le petit Joseph lui revient trop fort à la pensée ; elle dit à Gloriette :
— Oh ! si vous saviez, madame, comme on se sent puni !
— Puni de quoi, Ragotte ?
— Oh ! madame ! Oh ! madame !
Elle ne saurait pas le dire au juste… peut-être d’avoir oublié que le malheur nous guette à chaque instant, et qu’il faut toujours vivre en inquiétude.
Elle dit à propos des leçons que la vie nous donne :
— Il faut être pris pour être appris.
Et à propos du petit Joseph :
— Tant qu’on ne passe pas par là, on ne passe pas serré.