Le Centre et le Midi s’abordent et mêlent leurs accents.
M. Carol corrige un peu le sien, mais Philippe garde son patois de tous les jours.
M. Carol est habillé à la mode de son pays. Le gilet laisse voir une ceinture de flanelle bleue. Sous un large feutre, il a le port sans modestie de là-bas. Il appartient aux ponts et chaussées. Mme Carol peut passer pour une Arlésienne, à cause de son bonnet. Par comparaison, les Philippe semblent ternes. La vieille culotte de Philippe reste ouverte. Ragotte se tient comme une pauvre servante effarée.
— Ah ! moi, dit Philippe, je retourne à mon travail.
Les Carol demeurent plantés au milieu de la cour.
Venant du Midi, ils ont apporté un panier de raisin. Ragotte l’expose tout de suite au soleil, sur un banc. Les guêpes ne tardent pas à bourdonner. Ragotte, les mains croisées, médite et se demande si elle ne devrait pas écarter un journal dessus.
— Vous avez toute la peine, monsieur Philippe, vous plaît-il qu’on vous aide ?
La surprise empêche Philippe de répondre. Ce monsieur saurait-il planter un clou ?
Le soldat a une idée : deux guirlandes, parties des quatre coins, se croiseraient sous les voûtes de la grange ! Mais c’est une idée que nous avons eue déjà, Philippe et moi. Aucun succès. Silence.
M. Carol insiste et offre encore un coup de main.