— Ce qu’ils nous font trotter, dit-elle, ces deux saloperies !
C’est ainsi qu’elle appelle les fiancés.
La famille de Marius Carol arrive du Midi, le père, la mère et un frère soldat, lequel rapporte des manœuvres une colique qui n’est pas dans une musette.
Ils ont voyagé toute la nuit et personne ne les attendait à la gare.
Philippe comptait sur Lucienne qui comptait sur le Paul qui n’y pensait plus.
Les Carol sont chargés de paquets. On ne s’élance pas pour les débarrasser. Ragotte est assise dans un coin de la cour et plume des poulets. Philippe cloue des draps et du feuillage aux murs de la grange où se fera la noce.
— Philippe, dis-je, c’est peut-être le moment de saluer votre nouvelle famille !
— Oui, monsieur.
— Dérangez-vous ! Allez donc !
Il faut que je le pousse et que je lui prenne son marteau des mains. Ragotte se décide à se lever.