C’est Michel qui la tire par le bras et la décide.
Aussitôt, on fait cercle pour voir Ragotte danser une bourrée au mariage de sa fille ; on regarde, silencieux comme à l’instant le plus grave d’une cérémonie. Ragotte relève un peu sa jupe du bout des doigts. Les jambes ne fléchissent guère, les pieds quittent à peine le sol ; le corps ne se balance pas ; seule, la tête s’incline à droite et à gauche.
Ragotte, très pâle, sourit d’abord. Tout à coup, elle s’arrête, laisse Michel en plan et s’éloigne, courbée, comme si sa tête se cachait. Nous devinons ce qu’elle a. Elle vient de se rappeler subitement la mort du petit Joseph. Elle pleure de chagrin et de repentir et nous tourne longtemps le dos.
Les Carol finissent par se trouver mal à l’aise.
Ils partent ce soir, avant la dislocation de la noce.
La Chalude leur dit :
— Quoi ! vous partez si tôt ?
— Eh oui ! on ne nous regarde pas !
Le Midi s’en va un peu vite, ce qui ne l’empêche pas d’être ému.
M. Carol s’avance vers Gloriette, la main tendue.