--Montre voir, disent-ils.

Mais elle serre son doigt dans sa jupe, entre ses genoux, et l'hameçon s'enfonce plus profondément. Tandis que grand frère Félix et soeur Ernestine la soutiennent, M. Lepic lui saisit le bras, le lève en l'air, et chacun peut voir le doigt. L'hameçon l'a traversé.

M. Lepic tente de l'ôter.

--Oh non! pas comme ça! dit madame Lepic d'une voix aiguë.

En effet, l'hameçon est arrêté d'un côté par son dard et de l'autre côté par sa bouche.

M. Lepic met son lorgnon.

--Diable, dit-il, il faut casser l'hameçon!

Comment le casser! Au moindre effort de son mari, qui n'a pas de prise, madame Lepic bondit et hurle. On lui arrache donc le coeur, la vie? D'ailleurs l'hameçon est d'un acier de bonne trempe.

--Alors, dit M. Lepic, il faut couper la chair. Il affermit son lorgnon, sort son canif, et commence de passer sur le doigt une lame mal aiguisée, si faiblement, qu'elle ne pénètre pas. Il appuie; il sue. Du sang paraît.

--Oh! là! oh! là! crie madame Lepic, et tout le groupe tremble.