Maintenant il ne voudrait plus sortir. Il n'a pas assez profité de son bain. L'eau qu'il faut quitter cesse de lui faire peur. De plomb tout à l'heure, à présent de plume, il s'y débat avec une sorte de vaillance frénétique, défiant le danger, prêt à risquer sa vie pour sauver quelqu'un, et il disparaît même volontairement sous l'eau, afin de goûter l'angoisse de ceux qui se noient.
--Dépêche-toi, s'écrie M. Lepic, ou grand frère Félix boira tout le rhum.
Bien que Poil de Carotte n'aime pas le rhum, il dit:
--Je ne donne ma part à personne.
Et il boit comme un vieux soldat.
Monsieur Lepic: Tu t'es mal lavé, il reste de la crasse à tes chevilles.
Poil de Carotte: C'est de la terre, papa.
Monsieur Lepic: Non, c'est de la crasse.
Poil de Carotte: Veux-tu que je retourne, papa?
Monsieur Lepic: Tu ôteras ça demain, nous reviendrons.