Maintenant que la voilà lancée dans le tourbillon du monde et des plaisirs, il ne nous reste qu'à former des vœux pour son bonheur, qu'à lui souhaiter de trouver le plus tôt possible un mari—selon son goût et selon son cœur.


[LE BAL]

Quel bonheur de bondir, éperdue en la foule,
De sentir par le bal ses sens multipliés,
Et de ne pas savoir si dans la nue on roule
Si l'on chasse, en fuyant, la terre, ou si l'on foule
Un flot tournoyant à ses pieds.

Victor Hugo.

A Paris, les bals commencent fort tard.

Votre invitation porte onze heures. Il y aurait indiscrétion à venir avant, et impolitesse à se présenter trop tard: ce serait témoigner peu d'empressement.

A votre entrée, vous avez rendu vos hommages au maître et à la maîtresse de la maison. Vous circulez dans le salon et saluez successivement les personnages de votre connaissance. Un coup d'œil rapide, jeté sur les banquettes, vous a fait distinguer les femmes et les jeunes filles auxquelles, par devoir ou par tout autre motif, vous devez adresser vos premières invitations.

Empressez-vous, vous n'avez que le temps, voici l'orchestre qui prélude. N'oubliez pas les formules voulues:

«Madame, ou Mademoiselle, oserai-je espérer que vous voudrez bien me faire l'honneur, etc.;—ou serai-je assez heureux pour obtenir la faveur, etc.»