S'il vous arrivait de trouver un cheveu dans un mets, gardez-vous de le faire remarquer, afin de ne point dégoûter les convives.
Le gibier vous paraît-il trop faisandé, le poisson un peu avancé? N'en mangez pas, et si l'on vous demande la raison, dites que vous n'aimez point cette espèce de gibier ou de poisson.
Ne vous servez jamais des mots de bouilli, au lieu de bœuf; de volaille, au lieu de poularde ou de dinde; de bordeaux, de bourgogne, de champagne, au lieu de vin de Bordeaux, vin de Bourgogne, vin de Champagne.
Quand le maître ou la maîtresse de la maison font les honneurs de la table, et que l'un d'eux vous envoie une assiette servie, conservez-la; ce serait une impolitesse que de l'offrir à votre voisin.
Ne critiquez jamais un plat; n'établissez jamais de comparaison avec un mets semblable que vous auriez mangé ailleurs et qui vous aurait paru de meilleur goût.
Ne buvez pas sans vous être bien essuyé les lèvres, afin de ne pas graisser les bords de votre verre, ce qui est très malpropre à voir.
Ne faites ni tartines de beurre, ni tartines de confitures. La tartine de beurre n'est admise qu'au déjeuner avec le thé.
Ne flairez pas votre vin, ne le dégustez pas à petites gorgées comme un marchand de l'Entrepôt.
Il n'y a que les commis-voyageurs qui frappent avec la paume de la main un verre à vin de Champagne pour en faire jaillir la mousse, au risque de casser le verre et de se blesser grièvement.
Ne vous avisez pas de faire brûler votre eau-de-vie dans la tasse à café ou dans la soucoupe. Cela n'est de mise qu'au cabaret ou à l'estaminet.