Nous voici dans la compagnie du Roi, de Mme de Maintenon, de Mme de Sévigné, du maréchal de Bellefond, etc., etc.

Il s'agit d'une première représentation; et l'on peut juger à la manière dont en parlent ses augustes auditeurs, combien leur langage diffère de celui des feuilletons d'aujourd'hui, du ton du monde actuel.

«J'en fus charmée, écrit Mme de Sévigné, et le maréchal de Bellefond aussi, qui sortit de sa place pour aller dire au Roi combien il était content, et qu'il se trouvait auprès d'une dame qui était bien digne d'avoir vu Esther.

Le Roi vint vers nos places et, après avoir tourné, il s'adressa à moi et me dit:

—Madame, je suis assuré que vous avez été contente.

Moi, sans m'étonner, je répondis:

—Sire, je suis charmée; ce que je ressens est au-dessus des paroles.

Le Roi me dit:

—Racine a bien de l'esprit...

—Sire, il en a beaucoup, mais en vérité les jeunes personnes en ont beaucoup aussi; elles entrent dans le sujet comme si elles n'avaient jamais fait autre chose.