—Ma mère, je ne puis pas, dit-elle d’un air découragé.
—Essaye encore.
Thérèse fit un nouvel effort qui ne réussit pas davantage.
—Ma mère, c’est impossible.
—Allons, je ne vois qu’un moyen, dit madame de La Varenne, et notre voisin est si bon qu’il s’en accommodera peut-être. Puisque nous voulons lui donner ta bague et que tu ne peux pas l’ôter de ton doigt, eh bien! ma fille, donne-lui ta main.
Elle avait pris la main de Thérèse, elle la mit dans celle de Paul, et pendant quelques instants ils se tinrent tous trois embrassés.
—Ah! je l’avais bien dit que vous deviez être un brave homme! s’écria Marthe en sautant au cou d’Evrard.
—Eh bien! lui dit à son tour madame de La Varenne, est-elle morte, cette Julie?
—Non, répondit Evrard: elle n’était qu’endormie, et je l’ai réveillée.—Puis, réunissant Paul et Thérèse dans une même étreinte, il leur dit: J’étais seul; sans famille, vous serez mes deux enfants.
Ils avaient repris tous ensemble le chemin du manoir. La jeunesse marchait devant; Evrard et Julie les suivaient de près.