—J’en ai beaucoup. Dès que je vous ai vue, vous avez gagné mon affection. Il me semble que j’ai toujours été votre ami, et il me serait douloureux de partir avec la pensée que vous souffrez peut-être d’une peine secrète. Dites, mon enfant, qu’avez-vous?

—Je ne puis, je n’oserai jamais vous le dire.

—Vous n’avez donc pas confiance en moi? Je ne saurais donc vous être d’aucun secours?

—Il n’est personne au monde qui m’inspire autant de confiance que vous.

—Eh bien, parlez, ouvrez-moi votre cœur.

Elle resta quelque temps silencieuse, puis d’une voix tremblante:

—Si, comme Thérèse, j’aimais quelqu’un, moi aussi?

—Vous vous consoleriez comme Thérèse, dit Evrard en souriant.

—Thérèse est aimée, reprit-elle tristement, et moi, je ne sais pas si le seul homme à qui je voulusse donner ma vie est disposé à l’accepter.

—C’est donc l’empereur de la Chine?