Je n'ose m'expliquer, raconter que je faisais allusion au verre d'avant; je ramasse ce qu'on me donne, en rougissant, et j'entends le marchand de vin qui dit à sa femme:
«Il voulait me carotter un canon, ce mufle-là!»
Je ne puis retrouver Matoussaint!
Si je frappais ailleurs?
Est-ce que Royanny n'est pas venu faire son droit? Il doit être en première année, je vais filer vers l'École, je l'attendrai à la porte des cours.
Allons! c'est entendu.
Je sais le chemin: c'est celui du Grand concours, au-dessus de la
Sorbonne.
M'y voici!
Je recommence pour les étudiants ce que j'ai fait pour les fruitières. Je cours après chacun de ceux qui me paraissent ressembler à Royanny; je m'abats sur des vieillards à qui je fais peur, sur des garçons qui tombent en garde, je m'adresse à des Royanny, qui n'en sont pas; j'ai l'air hagard, le geste fiévreux.
Ce qui me fatigue horriblement, c'est mon paletot d'hiver que j'ai gardé pour la nuit en diligence et que j'ai porté avec moi depuis mon arrivée, comme un escargot traîne sa coquille, ou une tortue sa carapace.