—Vingtras!»
Nous nous sommes jetés dans les bras l'un de l'autre et nous nous tenons enlacés.
Nous sommes enlacés.
Je n'ose pas lâcher le premier, de peur de paraître trop peu ému, et j'attends qu'il commence. Nous sommes comme deux lutteurs qui se tâtent—lutte de sensibilité dans laquelle Matoussaint l'emporte sur Vingtras. Matoussaint connaît mieux que moi les traditions et sait combien de temps doivent durer les accolades; quand il faut se relever, quand il faut se reprendre. Il y a longtemps que je crois avoir été assez ému, et Matoussaint me tient encore très serré.
À la fin, il me rend ma liberté: nous nous repeignons, et il me demande en deux mots mon histoire.
Je lui conte mes courses après Torchonette.
«Il n'y a plus de Torchonette: celle que j'aime maintenant se nomme Angelina. Je vais t'introduire. Suis-moi.»—Et il m'emmène devant mademoiselle Angelina.
«Je te présente un frère—un second frère, Vingtras, dont je t'ai parlé souvent, et qui vient rompre avec nous le pain de la gaieté, (se tournant vers moi), tu viens pour ça, n'est-ce pas?
«Notre avenir doit éclore Au soleil de nos vingt ans. Aimons et chantons encore, La jeunesse n'a qu'un temps!
«Tous au refrain, hé, les autres!