«Vous crevez la faim, n'est-ce pas?»

Mais non, Ah! pardon, j'ai justement des souliers aujourd'hui.
Prenez garde, je n'aime pas qu'on mette le doigt sur ma pauvreté.

«Je vis de mon travail, monsieur!…»

Il n'est pas mauvais homme et m'a demandé très rondement pardon de sa brutalité, tout en me priant de lui apprendre quel était le travail si mal payé qui m'obligeait à aller en pantoufles de Montrouge au Gros Caillou, à me promener en babouches dans la vie.

«Vous ne pouvez pas sortir par les temps de pluie! Voulez-vous pouvoir sortir même par la pluie?»

Il me semble que je donnerais un volume pour cela.

Il m'est défendu de sortir par les temps humides! Je ne connais que la vie à sec. Je n'ai pas depuis deux mois pu suivre un jupon troussé, un bas blanc tiré, comme j'en suivais, les jours d'orage! Ma vie d'ermite me tue et je voudrais des chaussures à talons pour mon pauvre coeur.

«Eh bien, je vous donnerai des bottes, des chapeaux, des chemises comme à la foire de Beaucaire!

—Parlez!

—Voici. Je veux fonder un journal d'élégance pour l'annonce.
Vous y rédigerez la chronique du grand monde.»