Mais tout s'use! Au bout de deux mois je suis vidé.
Mon rôle de satiriste est fini! Je meurs comme la guêpe dont le dard se brise dans la blessure, je meurs sur une chanson payée dix francs! J'en suis arrivé à piquer, cracher et mordre pour dix francs. La dernière ne m'a même été réglée qu'à sept francs cinquante.
C'est mon chant du cygne! Je ne gagnerai plus un sou dans ce genre-là. Je n'ai plus de sel, même pour mettre dans une soupe.
DIOGERNE
Je vais quelquefois dans un restaurant à prix fixe de la rue Rambuteau, à deux heures moins cinq. Je viens à ce moment là, parce qu'à deux heures le déjeuner finit et le dîner commence.
C'est cinquante centimes le déjeuner.
Pour cinquante centimes on a un plat de viande, du pain, un dessert. À cet instant de la journée, ce repas—à cheval sur le matin et sur le soir—est très profitable.
J'ai le droit de rester le temps qu'il me plaît, je lis les journaux et je réfléchis.
C'est au premier.—On entre par une allée noire, mais la salle est vaste, bien éclairée, avec des glaces dont le cadre est entouré de mousseline blanche.
Il y a toujours une odeur de rognons sautés qu'on respire pour rien.