Nous voyons passer les artistes, les jours de premières—les auteurs eux-mêmes, quelquefois.

Le père Constant, le concierge du théâtre, veut bien nous faire un petit salut quand il nous voit.

Cela nous servira peut-être un jour pour faire recevoir une pièce. Si elle _marche _comme nous avons marché, nous rentrerons dans nos frais de souliers.

JE VAIS FAIRE DU THÉÂTRE

Legrand veut faire du théâtre. Avec ses goûts naturellement! Il veut s'immortaliser par le théâtre.

Et moi donc! Je ne l'ai pas crié sur les toits. Ce n'est pas une vocation irrésistible comme chez Legrand! et je n'avais pas besoin de l'afficher. Mais je me suis essayé dans ce genre à la sourdine!

«Pourquoi ne faites-vous pas du théâtre?» m'a demandé un marchand de vin qui me voit écrire quelquefois sur des bouts de papier en me tenant le front et à qui j'ai confié que j'étais dans les lettres et que je voudrais arriver à la gloire.

Il a un neveu figurant qui fait les seigneurs à la Porte Saint-Martin et les invités à l'Odéon. Il pourrait même m'être utile si j'avais quelque chose de fait—il a remis du papier—il est tapissier de son état—chez M. Ferdinand Dugué. Celui qui a fait La misère. À l'union du croûton et de la pomme de terre!…

Je ferai du théâtre. Quel genre? est-il besoin de le dire?

Je suis romantique, je ne veux pas de l'antiquité. Je suis pour les moines, les seigneurs, les fous du roi, les bourreaux masqués.