«C'est assez… Je vous fais grâce… allez-vous-en… Que je ne vous retrouve plus sur ma route, à moins que vous vouliez vous battre avec moi…»

Je lui griffonne mon nom et mon adresse sur un bout de papier et je lui fouette le visage avec! puis je demande qu'on le laisse partir.

Il s'est enfui, poursuivi par les huées.

«Tu as été dur, me dit un camarade sortant du groupe.

—J'ai été poltron. J'aurais dû lui cracher dix fois à la face. J'aurais dû le faire pleurer comme il me fit pleurer quand j'étais écolier.»

J'ai été chercher deux amis bien vite—qui ont monté la garde deux jours dans le cas où Turfin enverrait ses témoins.

Oh! je donnerais ce que j'ai—mon pain de huit jours—pour me trouver en face de lui avec une arme à la main, et j'aurais accepté d'être blessé, à condition de le blesser aussi.

Je me rappelle ce mardi où il me souffleta—j'avais treize ans… Depuis ce jour-là, la place où toucha le soufflet blanchit chaque fois que j'y pense!…

Encore des heures, des heures, et des heures de marche!

Toujours la loucherie dans les livres non coupés…