Noire de monde, la place, cette fois!

Noire avec des taches de couleur, il y a des habits dont la couleur crie dans l'ensemble, il y a des chapeaux pointus verts et de loin en loin des bérets écarlates. Comme des fleurs de pourpre en l'épaisseur des blés…

C'est plein de mouvement et de vie.

La première manifestation, malgré son malheur, a été un bon champ de manoeuvre. On a déjà fait campagne. Il pleuvait alors; aujourd'hui le soleil flambe. On était trois cents, on va être deux mille!

Nous verrons ce que c'est que les Écoles sans la pluie!

Est-on prêt? Tous ceux qu'on attend sont-ils venus?

Y a-t-il encore des pelotons de libres penseurs qui ne soient pas en place et qui fassent languir la Révolution?

On y est!

Matoussaint monte les marches du Panthéon, met sa main en abat-jour sur ses yeux, embrasse la foule d'un regard et descend, grave comme un Grecque venant du Capitole: il va donner le signal.

Mais voilà qu'un autre homme que Matoussaint monte comme lui les marches et observe la place! Un grand garçon à moustaches et barbiche brunes, teint blême, oeil louche…