On m'y envoie de temps en temps.

C'est au fond d'une rue déserte, où l'herbe pousse.

Grand-tante Agnès est ma marraine, et elle adore son filleul.

Elle veut me faire son héritier, me laisser ce qu'elle a,—pas son serre-tête, j'espère.

Il paraît qu'elle garde quelques vieux sous dans un vieux bas, et quand on parle d'une voisine chez qui l'on a trouvé un sac d'écus dans le fond d'un pot à beurre, elle rit dans sa barbe.

Je ne m'amuse pas fort chez elle, en attendant qu'on trouve son pot à beurre!

Il fait noir dans cette grande pièce, espèce de grenier soutenu par des poutres qui ont l'air en vieux bouchon, tant elles sont piquées et moisies!

La fenêtre donne sur une cour, d'où monte une odeur de boue cuite.

Il n'y a que les rideaux de lit qui me plaisent,—ils suffisent à me distraire; on y voit des bonshommes, des chiens, des arbres, un cochon; ils sont peints en violet sur l'étoffe, c'est le même sujet répété cent fois. Mais je m'amuse à les regarder de tous les côtés, et je vois surtout toutes sortes de choses dans les rideaux de ma grand-tante, quand je mets ma tête entre mes jambes pour les regarder.

La chasse—c'est le sujet—me paraît de toutes les couleurs. Je crois bien! Le sang me descend à la figure; j'ai le cerveau comme un fond de barrique: c'est l'apoplexie! Je suis forcé de retirer ma tête par les cheveux pour me relever, et de la replacer droit comme une bouteille en vidange.