Elle a commencé par acheter un pigeon avec sept sous qu'on lui avait donnés, parce qu'elle avait gardé les oies. Elle a engraissé le pigeon et l'a revendu pour acheter un agneau qui sortait du ventre de la mère.

Elle a revendu cet agneau et s'est procuré un veau, toujours du même âge.

Dès qu'il y avait dans une écurie, une étable, un chenil, quelque bête en travail, on voyait accourir ma mère qui attendait, curieuse des phénomènes de la nature, avec son argent tout prêt à déposer écus sur bonde, monnaie sous ventre.

Je n'ai pas sa force, moi! J'aurais trois sous, je les entamerais et je ne penserais pas à acheter un lapereau à la mamelle pour gagner avec l'argent un veau au débarqué.

Je crus bien une fois que j'allais avoir quarante sous à refuser au remplaçant et à donner aux chevaux de bois. Il s'agissait encore d'être _premier _deux ou trois fois avant le bal du proviseur.

Je décrochai de nouveau la timbale.

J'avais bien fait mes conditions, cette fois. J'avais bien demandé: «Elle sera pour moi? Je la garderai.» J'avais indiqué que je ne voulais pas joindre cette somme à celle que j'avais déjà dans les affaires. On met cinq francs dans une entreprise, on n'en met pas sept.

«Je la garderai?

Tu la garderas.»

Ma mère ne manqua pas à sa promesse. On me remit les quarante sous; je les serrai dans mon gousset; mais quand je parlai d'aller sur les chevaux de bois, ma mère me rappela le contrat: