«Donne-moi de l'argent.

—Tu veux de l'argent?…

—Oui, Jacques a soif…»

Ma mère se tourne vers moi.

«Tu as soif?»

Ma foi! Je veux bien soutenir mon père, quand c'est possible; mais pourquoi, quand il a soif, dit-il que c'est moi? Je ne réponds rien à la question de ma mère, dont les yeux vont avec une ironie froide de son fils à son époux.

«Il peut attendre, bien sûr, dit-elle en se replongeant dans son coin, et ne paraissant pas plus se soucier de mon père que s'il n'existait pas.»

Cela a duré trois jours, les demandes d'argent et les refus de versement!

Mon père s'est fâché;—il y a même eu scandale, d'abord sur le pas d'une auberge, puis dans un wagon; et ma mère a eu le dessus: mon père a demandé grâce.

C'est qu'elle est courageuse et franche.—Elle dit souvent: «Je suis franche comme l'or.»