Mais la mignonne qu'on battait, et qui demandait pardon, en joignant ses menottes, en tombant à genoux, se roulant de terreur devant son père qui la frappait encore… toujours!…
«Mal, mal! Papa, papa!»
Elle criait comme j'avais entendu une folle de quatre-vingts ans crier en s'arrachant les cheveux, un jour qu'elle croyait voir quelqu'un dans le ciel qui voulait la tuer!
Le cri de cette folle m'était resté dans l'oreille, la voix de
Louisette, folle de peur aussi, ressemblait à cela!
«Pardon, pardon!»
J'entendais encore un coup; à la fin je n'entendais plus rien, qu'un bruit étouffé, un râle.
Une fois je crus que sa gorge s'était cassée, que sa pauvre petite poitrine s'était crevée, et j'entrai dans la maison.
Elle était à terre, son visage tout blanc, le sanglot ne pouvant plus sortir, dans une convulsion de terreur, devant son père froid, blême, et qui ne s'était arrêté que parce qu'il avait peur, cette fois, de l'achever.
On la tua tout de même. Elle mourut de douleur à dix ans………………..
De douleur!… comme une personne que le chagrin tue.