«Ah! c'est qu'il nous embête à la fin, avec sa respiration!»

Après le dîner, il faut que je parte.

Les autres élèves de la pension ont jusqu'à minuit. Legnagna— par méchanceté,—exige que je sois là à huit heures.

Je quitte la _société _et je redescends du côté du faubourg
Saint-Honoré.

Il me reste un quart d'heure à assassiner avant de regagner le bahut, mais j'aurais l'air de n'avoir pas su où dépenser mon temps si je reparaissais avant l'heure.

J'aimerais mieux être rentré. Je ne crains pas la solitude de ce dortoir où j'entends revenir un à un les camarades. Je puis penser, causer avec moi, ce sont mes seuls moments de grand silence. Je ne suis pas distrait par le bruit de la foule où ma timidité m'isole, je ne suis pas troublé par les bruits de dictionnaires ni les récits de grand concours.

Je me souviens de ceci, de cela,—d'une promenade à Vourzac, d'une moisson au grand soleil!—et dans le calme de cette pension qui s'endort, la tête tournée vers la fenêtre d'où j'aperçois le champ du ciel, je rêve non à l'avenir, mais au passé.

On m'appelle un jour chez Legnagna.

Il me délivre un paquet que ma mère m'envoie; il a l'air furieux.

«Vous emporterez cela aussi», me dit-il.