Il me glisse en même temps un pot et me reconduit vers la porte.
Je n'y comprends rien, je déplie le paquet. J'y trouve une lettre:
«Mon cher fils,
«Je t'envoie un pantalon neuf pour ta fête, c'est ton père qui l'a taillé sur un de ses vieux, c'est moi qui l'ai cousu. Nous avons voulu te donner cette preuve de notre amour. Nous y ajoutons un habit bleu à boutons d'or. Par le même courrier, j'envoie à M. Legnagna un bocal de cornichons pour le disposer en ta faveur.
«Travaille bien, mon enfant, et relève tes basques quand tu t'assieds.»
Il y avait un mot de mon père aussi.
Je lui avais écrit que Legnagna essayait de m'humilier, que je voudrais quitter la pension, vu que je souffrais d'être ainsi blessé tous les jours.
Mon père m'a répondu une lettre qui m'a tout troublé. Fait-il le comédien? Est-il bon au fond?
«Prends courage, mon ami! Je ne veux pas te dire que c'est de ta faute si tu es à Paris… Aie de la patience, travaille bien, paye avec tes prix ta pension, puis tu pourras lui dire ses vérités.»
Pas une allusion au passé, rien? Pas un reproche; presque de la bonté, un peu de tristesse!… Je lui aurais sauté au cou s'il avait été là.