Les bûcheurs et les malins n'ont pas fait mieux que moi; ma conscience est plus calme.

La distribution des prix arrive. J'y assiste obscur et inglorieux! Fractis occumbam inglorius armis! [10]

Et chacun s'en va…

Moi, je reste.

J'attends une lettre de mon père, et des instructions. Rien ne vient. On me laisse ici à la merci de Legnagna, qui me hait.

Nous sommes quatre dans la pension.

Un qui n'a pas de parents et dont le tuteur envoie la pension, un créole des Antilles qui ne sort que par hasard, et un petit Japonais qui ne sort jamais.

Ils payent cher, ceux-là; moi, je suis engagé au rabais, et je devais avoir des prix. Je n'ai rien eu, et je mange beaucoup.

J'ai écrit. Si mes parents ne viennent pas demain, si je n'ai pas de réponse, je quitte la maison et je pars.

Legnagna me laissera filer, par économie, sans aller chez le commissaire, cette fois.