Oh! ces lettres attendues! ce facteur guetté! mes supplications dont mon père et ma mère se rient!

J'ai presque pleuré dans mes phrases, en demandant qu'on vînt me chercher, parce que Legnagna me larde de reproches éternels.

«C'était bien assez de me nourrir pendant l'année, il faut qu'il me nourrisse encore pendant les vacances!»

Un jour une scène éclate; mon père est en jeu. Legnagna arrive échevelé.

«Quoi! me dit-il en écumant, je viens d'apprendre que monsieur votre père gagne de l'argent, _s'est fait huit mille, _cette année; je viens d'apprendre que j'ai été sa dupe, que je vous ai fait payer comme à un gueux, quand vous pouviez payer comme un riche. C'est de la malhonnêteté cela, monsieur, entendez-vous?»

Il frappe du pied, marche vers moi…

Oh! non, halte-là! Gare dessous, Legnagna!

Il devine et s'échappe en déchargeant sa colère contre la porte avec laquelle il soufflette le mur.

Une fois parti, le bruit de ses injures tombé, je réfléchis à ce qu'il vient de dire, et je lui donne raison.

Oh! mon père! vous pouviez m'éviter ces humiliations!