«Es-tu mon fils?»
Je commence à être sérieusement inquiet. Elle me l'a déjà demandé une fois.
Je vois, éparpillées sur la table, deux culottes et deux vestes que j'ai portées toute cette année.
Elle me fait tourner brusquement et me fixe comme si elle soupçonnait toujours que je lui ai présenté un étranger à ma place.
Enfin, presque sûre que je ne me suis pas trompé, avertie d'ailleurs par la voix du sang, elle laisse échapper sa douleur.
«Jacques, dit-elle, Jacques, sont-ce là les culottes, sont-ce là les vestes, est-ce l'habit bleu barbeau que je t'ai envoyés? Je sais comme un habit est tout de suite sale avec toi, je le sais, mais je ne puis pas croire que tu aies mangé la couleur pour t'amuser, et puis ce que je t'ai envoyé était plus large! Il y avait une ressource dans le fond, du flottant, de l'air, de la place! Ici, rien! rien!»
«Jacques, nous l'avons cousu ensemble, ton père et moi! Je te l'ai écrit, tu le savais!—Qu'ont-ils fait de mon fils?»
C'est la troisième fois qu'elle a l'air d'être inquiète! Je me tâte.
«Mais explique-toi, imbécile!»
Oh non, elle m'a bien reconnu.